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dimanche 25 janvier 2015

Poems for "Dédale"

(screenprinted book by Minesweeper Collective, Le Cagibi & Solstices project available here)

Illustrators are : Enrico Cornuda, Vesna, Richard Titikaka, Darkam Arcadia, Claudio Fonnesu, Illustre Feccia.
Enrico Cornuda - Dédale 

At the entrance of the world
there is the skin and
the maze of the veins

on one side madness
on the other the molasses
of your inner streets

no beginning & no end
only your way of poaching
into the labyrinth

*

Vesna - Labyrinthe 

You are into the labyrinth !

web of guts,
net – flesh & bricks
all around us

your father your mother
were there but no one after me

will be.

You are a daedalus

locked up in your own
consciousness,

– locked up angry & hungry.

*

Richard Titkaka - Borderline Beasts & beauties
at every corner
whores & murderers
milk & honey
wine, beer & whisky

you like to lick the lymph
on the mermaids'
scales
purple hair and salted skin
along the Thames

bite bricks touthy !

The Minesweeper floats on the river
where we all have to sink

*

Richard Titkaka - City 

 the mess of towers
with our tolling bell

Burn ! Burn... London
is a dark bonfire

Canals trace your roaming
un soir de demi-brume

open the veins of the city
cut your wrists let
all gibberish
flow (away)!

palimpsest of the cobblestones
where you vomited more
than once drunk &
mad-lazy

*

Darkam Arcadia - Minotaur 

 i am the beast and i am so sad
i'm starving and no one
is able to feed me

Minos was my father
& Pasiphae my mum

she is beautiful & she
fornicated with a bull

here i am

living in a mess, liking it,
living in a mess and i don't know
why

let me take you there
where every path leads you
nowhere

Besides where
do you want to go ?

every brick is a world,
a nonsense word.

*

Stephen Daedalus walks down the labyrinth
of my mind

there is Molly around
dressed up as a circle
or a window

too fucked up to
know what is
true or false

Abandon, she says, all thoughts
of beginning
& end,
all thoughts of an entrance
or an exit,
all thoughts of truth !

you want to be the side
walk, the o'clock, the
story of London

you want to be the object
that extends yourself
in a fascination
fetichism
totem tattoo taboo

*

Claudio Fonnesu 

Il dedalo del tutto

tricks & dices
au bout de l'ongle
et de la langue

a rovescio

acephalous cockroaches
which grouch by colère
noire

shellac nails & vomit
large cunt coins & corners

tu veux un fil
mais tu hais le sens
dead end
dead start
passo carrabile
de la crainte et de l'ennui

abracadabra à deux têtes
le boustrophédon
de ton الكيمياء

*

Illustre Feccia - Ariadne 
following as
far as deepest
ventricles
           Ariadne
it's at the innermost
where voices are deeper
under the broken
basses
to the set of meta
morphosis
that we divise ourselves

underground streams
of joy & lamentations
come & go along
the thread

radiate
your skin

call us
close
to you

vendredi 16 janvier 2015

Livre-objet et critique de la valeur

Fin de l'appel à contributions pour le livre sur l'érotisme. Tout reste à faire : un gros travail de mise en page, puis d'impression (au Cagibi), puis de reliure.
Il faudra trouver un vrai titre aussi.
Avec les copains du Cagibi, on a quelques bonnes idées pour fabriquer un nouvel objet-livre original.
Les contributions ont été si nombreuses que cela va peut-être poser problème : pourra-t-on tout intégrer dans un seul volume, ou faudra-t-il en réaliser deux ?

Mais c'est une autre question que je me pose depuis que, n'ayant plus aucune source de revenu, je pense à faire de la micro-édition – ou plus généralement de l'activité artisanale de type « art & craft » – un moyen de subsistance :
quel schéma économique adopter ?

C'est « la nouvelle critique de la valeur » qui apporte les outils théoriques les plus stimulants pour y répondre.
Quelques lectures en guise d'introduction :
- Le caractère fétiche de la marchandise et son secret de Karl Marx (il s'agit d'un sous-chapitre de la première partie du Capital) est le texte à partir duquel se fonde toute les réflexions ;


- Les Aventures de la marchandise, sous-titré Pour une nouvelle critique de la valeur de l'excellent Anselm Jappe qui est le texte de référence présentant ce mouvement (encore méconnu mais qui a déjà 20 ans peut-être) de manière pédagogique et complète.


On peut y lire : « Il ne faut pas un grand effort mental pour demander une distribution différente de l'argent ou davantage d'emplois. Il est infiniment plus difficile de se critiquer soi-même en tant que sujet qui travaille et qui gagne de l'argent. » (p.21)
Puis : « La critique de la valeur est une critique du monde qui ne permet pas d'accuser de tous les maux du monde ''les multinationales'' ou ''les économistes néolibéraux'' pour continuer sa propre existence personnelle dans les catégories de l'argent et du travail sans oser les mettre en question par crainte de ne plus paraître ''raisonnable''. » (p.22)
Il s'agit de comprendre tous les enjeux de la posture qu'on veut adopter afin de l'adapter en conséquence. Notamment sur notre prétention à détourner (de manière que l'on voudrait « situationniste ») les schémas économiques traditionnels en possibilités de subsistance efficaces, mais sans concession.
J'y reviendrai plus en détail le plus vite possible. Mais pour donner une idée de la question principale, nous pourrions la formuler (à notre stade) ainsi :
est-ce véritablement une alternative que de se réclamer de l'artisanat pour vendre ce qui reste des marchandises ? N'est-ce pas juste une caution morale et donc une illusion quant à notre volonté de mettre en place un autre système de production et d'échange ? Bref : n'est-ce pas une erreur, ou pire, n'est-ce pas hypocrite ? Et, dans ce cas, quelles seraient les autres solutions ?
Tout changement dans la productivité du travail affecte la valeur des marchandises (car c'est un autre temps de travail socialement nécessaire qui est en jeu), mais peut-on échapper à la valeur d'échange qu'implique toute commercialisation ?
Par son refus même de vendre (en dehors du cadre confidentiel des salons spécialisés), Le Cagibi échappe à cet écueil (même si d'autres, par ailleurs, nous guettent). Mais, encore une fois, comment faire alors pour vivre convenablement en ville (car pourquoi devrait-on être nécessairement refoulés à la campagne, dans une forme inverse de l'exode rurale des XIXe et XIXe siècles comme on peut le constater) ?
Je sais que ce sont des préoccupations similaires qui intéressent bon nombre de « Minesweepeux » (je pense notamment à Kevin Seven, Camden McDonald, Andrew et Niccolo Bruni). J'espère que nous aurons l'occasion, à Londres mais aussi à Lille, de traiter cette question de front, et avec tous ceux, même extérieurs au collectif, que cela intéresse.