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mercredi 8 janvier 2020
mardi 9 avril 2019
"Le colonialisme est dans nos rues !" 2ème volet - CADTM
Suite de l'article (très long)
publié sur le site du
Comité pour l'Abolition des Dettes illégitimes
mercredi 6 mars 2019
Article sur du CADTM (Comité pour l'Abolition des Dettes Illégitimes) : "Le colonialisme est dans nos rues : art et colonialisme, valeur et représentation"
Cliquez sur le lien - et bonne lecture :
http://www.cadtm.org/Le-colonialisme-est-dans-nos-rues?fbclid=IwAR2_Mv1sY_8i6kjpfgL63W_nJpXxnlqZTJrKPxAWtyfpFiFaglVAH0i_Gxs
(ps : de petites incorrections se sont glissées ici ou là, nous laissons aux lectrices et aux lecteurs le soin de les corriger avec bienveillance...)
mardi 5 février 2019
lundi 28 janvier 2019
Reliefs des consommations culturelles du 21 et 28 janvier 2019
Lundi
21 janvier 2019
Mort
du conte de Paris, descendant du frère de Louis XVI, prétendant au
trône de France. Le jour même de la commémoration de la
décapitation de Louis XVI, que Georges Bataille et ses amis
d’Acéphale ne manquaient pas de célébrer. Drôle de date, pour
un héritier déchu, pour mourir. Comme s’il était mort deux fois
le même jour. J’entends, dans l’émission de Charles
Dantzig,
que Stendhal était, à
son époque,
le seul écrivain « majeur » (on se demande, au passage,
ce que ce poncif signifie) à se réjouir de cette mise à mort.
Lundi
28 janvier 2019
La
force de l’âge,
Simone de Beauvoir. Plaisir dans la clarté, ou plutôt dans la
subtilité à la fois clairvoyante et lumineuse de la prose. Une
exigence de l’expression. On
pourrait dire, en reprenant le titre de Ponge, une rage
de l’expression. Cette volonté de dire
(« du »
dire).
De dire la réalité, d’atteindre la réalité par le dire. Une
exigence de la
formulation qui
sent l’agrégée de philosophie et la philosophe, mais
qui a quelque chose d’agréable ; presque
de
cathartique.
À
cela s’ajoute le plaisir,
bien sûr, des anecdotes (déjà,
dans Mémoires
d’une jeune fille rangée,
l’évocation
de
Merleau-Ponty – Pradelle – et
de son triste amour avec
Zaza,
de
sa
pusillanimité, était saisissante).
Sur
Sartre, dans sa fragilité, ses ridicules, sa force humaine. L’enjeu
de l’anecdote est à considérer dans sa largeur : par exemple
celle de la profanation de la tombe de Chateaubriand, quand Sartre
pisse dessus. La note (de Jean-Louis Jeannelle je crois) rapporte
positivement la réaction
de Mauriac à
la lecture de cet épisode : « Cette miction sartrienne
est aussi importante pour moi, dans l’histoire littéraire, que,
pour Goethe, le canon de Valmy : c’est une ère nouvelle qui
commence, celle du crachat ou du pipi sur les tombes illustres. »
(S’il
savait à
quel point la littérature était devenue un sous-produit de
consommation superficielle, il
jugerait
cette « miction » plutôt un
bon signe…).
On
méconnaît trop l’anarchisme du jeune Sartre : on n’accepte
pas qu’un philosophe si brillant, un
pur produit de son milieu, du reste, un normalien, un copain de tout
le monde littéraire d’alors, et bientôt bien plus, puisse avoir
ce genre d’enfantillages. Comme le dernier des étudiants de
psycho, le normalien boit et vomit d’avoir trop bu le samedi soir
dans ses petites fêtes parisiennes.
Au-delà
de cette anecdote qui n’a pas l’importance que voudrait lui
prêter Mauriac, les mémoires de Beauvoir éclairent surtout, pour
nous, le
romantisme
de Sartre. Romantisme
en ce qu’il prête à la littérature un pouvoir individuel
d’émancipation, par-dessus toute autre forme d’activité.
Romantisme,
donc, dans
sa
profession de foi dans l’écriture. Si le couple est
sensible à
la phénoménologie, que
la présence de l’objet (conflictuelle chez Sartre, plus
diversifiée
chez Beauvoir) est
une exigence principielle,
les
deux partenaires
continuent
à soumettre la vie à cette littérature. Sartre (qui
l’encourage pressement d’écrire),
plus ou
plus tôt
que Beauvoir. Cet attachement au fait littéraire comme fait
existentiel est une constante du XXe siècle. Foucault,
au
bout
de son parcours (parcours interrompu trop tôt), notera et commencera
à analyser cette fin de la littérature d’auteur comme moyen
d’aventure occidentale (épistémologie).
Ce
n’est plus dans le discours (verbal, si on permet une tautologie
qui n’en est pas vraiment une) que se joue la pensée. C’est
ailleurs : dans l’image peut-être, dans les moyens de
relation entre les individus (moyens de communication, moyens de
surveillance, moyens
d’échange, etc.).
D’autres
passages (nous ne pouvons
les citer tous) sont fantastiques. Précieuses, les
indications de
Simone
de Beauvoir
sur
Antonin Artaud.
Deux fois pour l’instant. La
première,
alors qu’il félicite Camille que tout le monde blâme d’avoir
été trop expansive sur scène, et ridicule au
regard de beaucoup :
« Camille
resplendissait et elle défendait son rôle avec une conviction qui
forçait la sympathie ; cependant, quand elle se roula sur le
sol en hurlant : « J’ai voulu mordre à pleines dents
dans la chair lymphatique de la vie ! » le public éclata
de rire ; à la fin, le rideau tomba au milieu des huées. Mme
Dullin courait dans les coulisses en clamant : « L’Atelier
s’est déshonoré ! » Seul, Antonin Artaud serra les
mains de Camille en parlant de chef-d’œuvre. »
Et
on
reconnaît
bien là l’auteur du Théâtre
et son Double,
de Pour
en finir avec le jugement de Dieu,
qui fait rire et qui angoisse, dans un
engagement total de
l’individu-sur-scène (de l’individu-étant-au-monde),
qui
ne peut paraître qu’outrancier,
jusqu’à rompre la
tolérance du
public, selon
le critère classiste du « bon goût ».
Par
ailleurs, ce mélange de rire et d’angoisse, peut être ajouté
à la liste des affinités entre Antonin Artaud et Georges Bataille.
La
deuxième occurrence est d’une justesse qui prouve, si besoin
encore était, la limpidité intellectuelle de Beauvoir :
« Le non-sense triomphait
chez les Marx Brothers : aucun clown n’avait mis en pièces de
façon aussi ahurissante la vraisemblance et la logique ; dans
la N.R.F.,
Antonin
Artaud les porta aux nues : leur loufoquerie atteignait,
disait-il, à la profondeur des délires oniriques. »
Voilà
où Beauvoir et Artaud se rencontrent.
Rencontre
a
priori inattendue !
Et pourtant, par une rapide recherche, je constate qu’Artaud avait
été
proche
de
Poupette, Hélène
de Beauvoir,
la cadette du Castor.
Je
vois sur Internet qu’une
lettre manuscrite a été vendue 4000 euros : « Ma
chère Poupette, J'envoie à l'ange de la résurrection ce message
d'éternel amour… Les hommes m'ont fait beaucoup de mal. Vous m'en
avez fait aussi pour votre part mais je vous le pardonne en fonction
du bien que vous m'avez fait et dont le souvenir est la dernière
chose qui me rafraîchisse encore un peu le cœur… Sonia (Mossé) a
fait de vous un dessin un portrait, qui vous montre aussi belle aussi
merveilleuse aussi fascinante que vous êtes aussi étonnante que
vous vous dégagerez au dessus des turpitudes et des vilénies d'un
monde qui a pour jamais vilipendé le bien. Patience le jour de la
résurrection est proche, moi j'attends la résurrection. »
Artaud aurait rencontré Hélène, qui
y
fréquentait
les cours de dessin,
à Montparnasse. Paranoïaque,
fort,
Artaud ne voit alors une solution à
son mal (et à celui du monde auquel il est inextricablement attaché)
que dans la vertu.
Le texte de
Beauvoir
a été rédigé
en 1956-8.
Qu’est-ce
qui fait qu’Artaud s’invite dans le texte de Beauvoir à cette
époque ? Aucune
note ne vient nous éclairer. Tant pis. Oui, présence
toujours
précieuse d’Artaud. Comme
dans la correspondance entre Casarès et Camus où la jeune
femme,
qui interprète Pour
en finir avec le jugement de dieu,
dit
avoir hâte de passer à un texte de Saint-John Perse, qu’elle
préfère…
Les
poésies de Marceline Desbordes-Valmore, choisies et préfacées par
Yves Bonnefoy. Inspirée de Chénier (parmi ceux que je connais),
inspirera Verlaine. Musicalité puissante. Pensées
originales. En fait, c’est bien cette originalité qui est
saisissante. Comme un monde nouveau.
Aragon.
Le
Fou d’Elsa.
Aurélien.
Matisse.
Écrit beaucoup trop. Des fulgurances indéniables, des longueurs
insupportables. Une pensée qui s’étale, épaisse, gluante, vite
dégoûtante.
Cette pensée lente et trop grasse semble fournir une explication aux
positions politiques déplorables
de son auteur. Mais c’est sûrement un raccourci.
Art
contemporain.
Pourquoi
la grande
majorité des productions dites artistiques contemporaines laisse
indifférent, quand ce n’est pire ?
Non pas parce qu’elles seraient trop déconcertantes, mais au
contraire parce qu’elles renvoient à des formules déjà bien
connues. Deux remarques : certaines productions aux formules
connues n’en sont pas moins touchantes (il n’a jamais été
nécessaire de faire du nouveau pour déconcerter) ; depuis
l’avènement de l’art individualiste bourgeois (après la chute
de Napoléon, pourrions-nous dire
schématiquement)
et certainement même depuis l’avènement de l’art en tant que
production individuelle (la fin du Gothique et la pré-Renaissance),
il est certain que la plupart des productions dites artistiques d’une
époque déplaisent
à ceux qui, dans leur époque, sont sensibles à l’inacceptable
(misère
humaine qu’entraîne toute hégémonie).
Enfin, il faut affirmer que le goût n’est plus le critère (qu’il
n’y a donc plus de jugement qui se voudrait « objectif »
et « impartial »),
mais que
l’expérience
de la production est
ce qui est privilégiée
depuis l’avènement de la société industrielle.
C’est
notre rapport au monde, par
la production, qui
compte.
Que
cette production
soit artistique, ou non. Ce
qu’on appelle « art contemporain » n’est qu’une
manifestation de la Valeur, comme tout produit « de
consommation » l’est : un jouet, un fusil, un litre de
lait, une voiture, etc.
lundi 3 décembre 2018
vendredi 20 avril 2018
Sur les oeuvres de David Mostacci - Carnet d'Art
Notes sur quelques œuvres de David Mostacci
sur Carnet d'Art
lundi 9 avril 2018
Sur Lundi Matin : "De la propagande de l'art à l'art de la propagande"
Cette initiative permet d’interroger certains présupposés inconscients de notre être-ensemble, mais aussi de l’utilisation de l’art et de l’espace public.
dimanche 22 octobre 2017
Revue Textimage : "L'art comme expérience informelle"
Sur la revue universitaire en ligne "Textimage", un article sur l'art informel.
Résumé
"L’art comme expérience informelle"
Français : De la définition « en besogne »
d'« informe » donnée par Georges Bataille dans le numéro 7 de la revue
« Documents », en décembre 1929, à Tree de Paul McCarthy sur
la place Vendôme (octobre 2014), en passant par Jean Fautrier et
Carolee Scheemann, il s'agit ici de comprendre en quoi l'art s'est
voulu informel pour permettre une expérience « informelle »
(c'est-à-dire non-institutionnelle) de l'art. C'est le paradoxe d'une
expérience esthétique critique envers la société et pourtant permise
par elle qui est interrogé ici. Un art informel se présenterait alors,
hier comme aujourd'hui, comme une mise à mal de tout « programme » –
une « déprogrammation ».Mots-clés : informe, art informel, Georges Bataille, expérience esthétique, Paul McCarthy, Fautrier, Schneemann, Jenkins.
English: This paper aims to shed light on the paradox of an aesthetic experience as critical of society and yet allowed by it. From the definition of "inform" given by Georges Bataille in the review "Documents" (December 1929), to Tree by Paul McCarthy on the Place Vendôme (October 2014), from Jean Fautrier to Carolee Scheemann, I will show how art has attempted to become “informal” in order to allow an "informal" (ie non-institutional) experience of art. Informal art, so, should be understood as a deprogramming (“déprogrammation”).
Keywords: shapelessness, Georges Bataille, aesthetic experience, Paul McCarthy
mercredi 28 septembre 2016
"L'informe" | journée d'études à l'université de Bourgogne | 30 sept 16
Théories
de l’informe
10h :
Macha Ovtchinnikova : L’informe comme champ opératoire de la
figure : analyse comparée des textes Francis
Bacon. Logique de la sensation
de Gilles Deleuze et Fra
Angelico, dissemblance et figuration
de Georges Didi-Huberman
Pause
café
L’informe
au cinéma et dans la bande dessinée
11h :
Benoît Mitaine : Formes et formations de l’informe dans la bande
dessinée
11h30 :
Charles Combette : Donner forme à l’indicible - la monstruosité
lovecraftienne selon Alberto Breccia
12h :
Nicolas Cvetko : Caltiki :
mon(s)trer l’informe
Repas
en commun
L’informe
dans les arts plastiques et l’architecture
14h30 :
Sabine Dizel : L’informe. Origine et horizon de création
15h :
Anne Dietrich : La mémoire fossile de l’image informe (à partir
de l’ensemble de dessins des Lambeaux, 2013)
Pause
café
16h :
Charlotte Limonne : L’Enveloppe molle : Libérer la sculpture par
l’informe
16h30 :
Thomas Richard : Le ça-voir des architectures informes
Bilan
de la journée
mardi 21 juillet 2015
Cosmè Tura - Saint-Georges & Annonciation (la matière comme langage)
Voilà ce que deux
siècles de machinations produisent.
Ce à quoi la vie et la
mort d'une Cité ressemblent.
Ce n'est pas l'iconographie qui s'impose, mais les macérations de couleurs, la décoction des crépuscules, les bains de pigments dans la graisse et la colle d’œuf, des confusions d'ocre et d'argent, une dégringolade de dégradés, des poudres de gris, de bruns, de bleus et de verts foncés,
le fil vermillon que
tient l'écureuil au-dessus de la Vierge. Des cyans acides, des
crispations et des finesses dans l'ossature, dans les mâchoires,
dans les zygomas. Un parchemin de peauciers. Des transversales et des
projections d'angles. Un tas de détails qui s'accumulent, se
combinent et se déplacent.
Ça ne représente rien d'autre que le niveau (le degré) de civilisation atteint par Ferrare vers 1470.
C'est-à-dire toute l'énergie concentrée et dépensée en pure perte, sans autre finalité que d'être dépensée.
Qui est liée au nom de
la famille Este, à celui d'artistes, à celui du peuple anonyme
aussi, mais qui n'a pas besoin de ces référents.
Car même si on se penche un instant sur l'iconographie des planches (ce sont les volets de bois d'un orgue), que lit-on ?
Pas
plus (ni moins) que ce que la matière nous dit.
Pas
plus ni moins que Saint-Georges – protecteur de la Ville, celui
qui rayonne par sa bravoure autant
que par son armure : par tout ce qui émane de lui et par tout
ce qui se reflète sur lui.
Et
l'Annonciation, cette
diffusion silencieuse d'une ardeur.
La
thématique semble être imposée par la matière. La thématique est
la matière, nécessairement
mouvante et jamais
inerte (malgré, parfois, son apparence).
C'est l'automne.
Une
poire pèse sur une branche.
Il y a à Ferrare une obsession de la décadence. Mais c'est en fait ce silence de feu qui fait vibrer la matière et la porte juste au-delà du point culminant de sa puissance. Au début de l'apodose. Ce sont les alluvions du Pô déposées, repoussé, revenu, les marécages, les tremblements de terre et les flux humains.
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