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mardi 21 avril 2015
mardi 27 janvier 2015
Réunion sur le Minesweeper
Réunion hier, lundi 26,
dans la cale du Minesweeper, avec Niccolo, Kevin et le passage
d'Andrew (mais sans la présence de deux autres compagnons retenus en
garde à vue depuis samedi soir à la suite d'une éviction
épi-comique d'un squat du quartier pendant une rave...).
Il a été question de
l'amélioration de l'atelier de sérigraphie, afin de rendre possible
l'impression sur papier et de passer en polychromie pour l'impression
textile (le début de l'aménagement est prévu mercredi).
Puis de la revue :
esprit d'ensemble, catégories, contenus. L'éditorial (qu'il me faut
encore améliorer) devrait ressembler à ceci :
The
Minesweeper is a boat that attracts and brings together, for an
evening or for years, people who want to live differently in the
city, but that all
excessive ego, alternatives
often sectarian or
aggressive
sensitivities repel deeply.
It's
the adventure, conducted by beautiful people for over ten years, this
magazine offers both presenting and disseminating, each month, to the
largest number, while staying focused on local life of a London
neighborhood : Deptford.
For
this option to restore a Navy ship, to divert him from his first use,
to locate near the Thames on the Deptford Creek, is the most
effective ways to fight against the absurdity costs
of rent, to fight against the desire to always
push poor people further economic and especially politic
centers, that is to say, to fight against
gentrification.
And
it is locating in the urban fabric of a neighborhood, in partnership
with small businesses in the area (bars,
small restaurants, etc.),
with various initiatives already present or in
germs, primarily with all motivated,
interested, curious people,
that creative
resistance is possible.
Because
it is the creation, or rather the creations –
all forms of creation – that offer the ability to implement new
ways of living : the artist is no longer a luxury producer, but an
everyday craftsman. Music,
readings, shared meals (soon, who knows, make
growing our own vegetables!), various
workshops, books, all
of that become the everyday art.
These
are all activities that we present here, in
this first issue : exhibitions
in the Undercurrent
Gallery at the Birds Nest,
various events on Minesweeper boat or
elsewhere, book making. But,
also, history and projects
of the Minesweeper boat
– past & future
which, as we know, update only in
our very present.
Enfin, nous avons arrêté
le premier thème du premier livre qui constituera le mois de janvier
(avec un peu de retard) du coffret annuel consacré au Minesweeper :
les seagulls.
En
attendant retour en France pour les projets du Cagibi :
découpage et pliage du livre de Sisca Locca (si tout n'a pas déjà
été fait) en vue de l'exposition le 31 janvier ; mise en place
du livre le 30, impression la deuxième semaine de février en
compagnie de nombreux – on l'espère – minesweepeux !
vendredi 16 janvier 2015
Livre-objet et critique de la valeur
Fin de l'appel à
contributions pour le livre sur l'érotisme. Tout reste à faire :
un gros travail de mise en page, puis d'impression (au Cagibi), puis
de reliure.
Il faudra trouver un
vrai titre aussi.
Avec les copains du
Cagibi, on a quelques bonnes idées pour fabriquer un nouvel
objet-livre original.
Les contributions ont
été si nombreuses que cela va peut-être poser problème :
pourra-t-on tout intégrer dans un seul volume, ou faudra-t-il en
réaliser deux ?
Mais c'est une autre
question que je me pose depuis que, n'ayant plus aucune source de
revenu, je pense à faire de la micro-édition – ou plus
généralement de l'activité artisanale de type « art &
craft » – un moyen de subsistance :
quel schéma économique
adopter ?
C'est « la
nouvelle critique de la valeur » qui apporte les outils
théoriques les plus stimulants pour y répondre.
Quelques lectures en
guise d'introduction :
-
Le caractère fétiche de la marchandise et son secret
de Karl Marx (il s'agit d'un sous-chapitre de la première partie du
Capital) est le texte
à partir duquel se fonde toute les réflexions ;
-
Les Aventures de la marchandise,
sous-titré Pour une nouvelle critique de la valeur
de l'excellent Anselm Jappe qui est le texte de référence
présentant ce mouvement
(encore méconnu mais qui a déjà 20 ans peut-être)
de manière pédagogique et complète.
On
peut y lire : « Il
ne faut pas un grand effort mental pour demander une distribution
différente de l'argent ou davantage d'emplois. Il est infiniment
plus difficile de se critiquer soi-même en tant que sujet qui
travaille et qui gagne de l'argent. » (p.21)
Puis :
« La critique de la valeur est une critique du monde qui ne
permet pas d'accuser de tous les maux du monde ''les
multinationales'' ou ''les économistes néolibéraux'' pour
continuer sa propre existence personnelle dans les catégories de
l'argent et du travail sans oser les mettre en question par crainte
de ne plus paraître ''raisonnable''. » (p.22)
Il
s'agit de comprendre tous les enjeux de la posture qu'on veut adopter
afin de l'adapter en
conséquence. Notamment sur notre prétention à détourner (de
manière que l'on voudrait « situationniste ») les
schémas économiques traditionnels en possibilités de subsistance
efficaces, mais sans concession.
J'y
reviendrai plus en détail le plus vite possible. Mais pour donner
une idée de la question principale, nous pourrions la formuler (à
notre stade) ainsi :
est-ce
véritablement une alternative que de se réclamer de l'artisanat
pour vendre ce qui reste des marchandises ? N'est-ce pas juste
une caution morale et donc une illusion quant à notre volonté de
mettre en place un autre système de production et d'échange ?
Bref : n'est-ce pas une erreur, ou pire, n'est-ce pas
hypocrite ? Et, dans ce cas, quelles
seraient les autres solutions ?
Tout
changement dans la productivité du travail affecte la valeur des
marchandises (car c'est un autre temps de travail socialement
nécessaire qui est en jeu), mais peut-on échapper à la valeur
d'échange qu'implique toute commercialisation ?
Par
son refus même de vendre (en
dehors du cadre confidentiel des salons spécialisés),
Le Cagibi échappe à cet écueil (même si d'autres, par ailleurs,
nous guettent). Mais, encore une fois, comment faire alors pour vivre
convenablement en ville (car pourquoi devrait-on être nécessairement
refoulés à la campagne, dans une forme inverse de l'exode rurale
des XIXe et XIXe siècles comme
on peut le constater) ?
Je
sais que ce sont des préoccupations similaires qui intéressent bon
nombre de « Minesweepeux » (je pense notamment à Kevin
Seven, Camden McDonald, Andrew et Niccolo Bruni). J'espère que nous
aurons l'occasion, à Londres mais aussi à Lille, de traiter cette
question de front, et avec tous ceux, même extérieurs au collectif,
que cela intéresse.
mercredi 7 janvier 2015
C'est comme un jour 2.
Dormi sur deux couches de
matelas mous qui sentent passablement le moisi. Mais le pub a été
nettoyé, il fait chaud, il y a des toilettes, une douche chaude, et
de belles personnes (bella gente).
N.
qui, peut-être pour s'aider à tenir un rythme d'écriture soutenu,
cartonne au speed et à l'alcool depuis au moins hier soir, quand je
suis arrivé, et encore ce matin, m'a offert un joli poème (traduit
du lituanien) :
school friend
her bra on my hairy
chest
no one around cares
haven't seen you in
ages
you've cut your hair
we stand in the
bathroom
mirror we smile
our pupils huge black
you lift up your skirt
see how I look now
and later
you show
what you have learned
too
Retour à l'Albany
Center.
Nous commencerons
aujourd'hui le programme esquissé hier.
Même si l'attaque contre
Charlie Hebdo nous a laissé K.O. un bon moment, et rythme, au fil
des nouvelles, notre journée.
*
Généralités
Le Minesweeper est un
collectif : pas de patron, tout le monde s'investit quand et
comme il veut.
Le Minesweeper est aussi
une coopérative, c'est-à-dire une entreprise – ici on dit
buisiness.
Le
nom officiel (légal) est The Minesweeper Collective
Cooperative Limited.
Les
principales activités :
-
événements musicaux et culturels (lectures, projections, etc) ;
-
accueil d'artistes ou de collectifs (comme ça a été le cas pour
Cane Morto, Le Cagibi, etc) ;
-
expositions à l'Undercurrent Gallery au Bird's Net (un bar à
Deptford) ;
-
ateliers de sérigraphie ;
-
impressions de t-shirts sur demande.
Nous
nous sommes mis d'accord d'abord
pour développer toutes ces
activités et
les mettre en avant grâce à :
-
une couverture plus dense sur les réseaux sociaux (en plus de
Facebook, du blog, du Tumblr et de Mailchimp, nous allons ouvrir des
comptes Twitter, Google+ et Instagram) ;
-
mais surtout grâce à une revue.
Nous
avons ensuite décidé d'en développer d'autres.
*
La
Revue
La
revue sera numérique (« online » et donc gratuite et
accessible à tout le monde) et mensuelle.
Nous
couvrirons les activités du Minesweeper (expositions au Bird's Net,
événements musicaux et culturels, services et workshops, édition
– sur laquelle
nous allons revenir), mais aussi ce qui se passe dans le quartier ou
dans les environs (le grand sud-est londonien : de Lewisham à
Brixton, en passant par Peckham, etc).
Enfin
nous ménagerons un espace de création ouvert à tous sur
proposition : dessins, photographies, textes, poèmes, etc.
Nous
allons aussi mettre en place d'autres activités, liées à la
sérigraphie :
-
impression de tout ce qui pourra être imprimé de manière
créative : couvertures de vinyles, couvertures de livres, jeux
de cartes, calendriers, etc ;
-
impression d'affiches sur demande en plus de conception et
d'impression d'affiches de nos propres créations ;
-
nous ferons de même pour d'autres produits textiles (notamment des
sacs) ;
-
mais surtout nous allons faire des livres.
*
L'édition
Nous
ne rendrons jamais assez justice au Cagibi pour tout ce que le
collectif apporte de savoir-faire
et d'inspiration (évidemment,
je reste dans ce collectif avec plaisir).
Nous
voulons fabriquer des livres de la plus grande qualité possible,
avec régularité, tout en
expérimentant différentes solutions formelles (livre-objet).
Les
livres collaboratifs
Après
Dédale, le livre sur
l'érotisme (en collaboration avec Le Cagibi où l'impression se
fera, et Littérature, etc.).
Nous
nous associons avec qui veut, nous lançons un appel à
contributions, nous réalisons le plus beau livre possible avec le
plus de gens possibles.
D'autres
projets collaboratifs, ouverts au plus grand nombre, suivront.
La
collection du Minesweeper
Nous
allons réaliser un livre par mois, autour d'un mot lié au bateau et
qui servira de thème pour les textes et les dessins.
À
la fin de l'année, avec les copies que nous aurons mis de côté,
nous réaliserons un coffret regroupant la production de l'année.
Les
livres d'artistes
Il
faudra employer peut-être une terminologie différente pour les
livres occasionnels qui seront soit le fruit d'un travail individuel
(d'un des membres du collectif ou d'un artiste invité), soit le
fruit d'une collaboration.
Peut-être
que ce sera au Minesweeper que j'imprimerai certains projets qui
m'occupent
actuellement :
-
« Les idées plus noires que l'encre », avec Vincent
Tréfex ;
-
« L'Ipsicide », avec Freddy Roccia ;
-
« Le livre anarchiste », avec Illustre Feccia.
Les
livres pour enfant
Nous
aimerions réaliser des livres à destination des enfants qui sont
souvent délaissés par le monde de la micro-édition. Cela nous
permettrait d'expérimenter d'autres solutions graphiques,
littéraires et
formelles, en plus de nous
rappeler que ce sont les livres les plus bizarres qui nous ont
marqués dans notre enfance.
*
Pas
de finalité, sinon peut-être de récolter à un moment assez
d'argent pour assurer une pérennité au bateau le Minesweeper, et,
pour nous, des conditions décentes de vie quotidienne sans autre
travail et sans subventions.
mardi 6 janvier 2015
Le "Minesweeper Collective"
(mardi 6 janvier 2015)
Ce soir réunion dans un vieux pub squatté de Deptford (Londres) pour développer une branche "Art & Craft" du Minesweeper Collective...
Le Minesweeper est un
ancien bateau en bois (puisqu'il s'agit d'un démineur) de la Royal
Navy construit en 1954, devenu lieu d'accueil d'événements à
partir de 1998 à Greenwich (Londres). Après qu'un feu l'eut ravagé
en 2008, un collectif commença à le reconstruire pour y accueillir,
en plus d'événements culturels (surtout musicaux), des artistes en
résidence et un atelier de sérigraphie.
C'est dans ce cadre, et
grâce aux membres d'un autre atelier de sérigraphie, Le Cagibi à
Lille (que j'ai rejoint en septembre), que je passai quelques
semaines sur le Minesweeper, invité par Kevin Seven, Camdem
McDonald, Niccolo Bruni & Andrew The Terror, pour fabriquer des
livres DIY («do it yourself » ou « fais-le
toi-même »), c'est-à-dire imprimés selon le procédé de la
sérigraphie, pliés, montés, reliés à la main.
Nous avons réalisé en
quelques jours, avec Kevin et deux artistes Italiens, Illustre Feccia
et Freddy Roccia, un petit livre pour Halloween : Sweet Nightmares.
Puis nous nous sommes
concentrés sur un livre ambitieux, mélangeant textes et dessins,
qui a réuni en plus d'une vingtaine d'artistes de différentes
nationalités, un nombre important de gens qui voulaient participer
au projet ou nous aider à le concrétiser, comme par exemple les
employés du Birds net (où se trouve la galerie du Minesweeper), les
artistes du Centre d'Art de Wembley où nous avons imprimé le livre,
Clara Moon et Émilie Huitric qui ont relu les textes, la foule des
amis, les familles de tout le monde, ou même juste des curieux qui nous
encourageaient...
Ce livre a un titre qui
renvoie non seulement à son fond mais aussi à sa forme :
Dédale.
Il a été aussi le
prétexte ou l'occasion de mener à bien une réflexion couvée
depuis longtemps sur le livre et que j'essaie actuellement de
diffuser par un média plus important que ceux que j'emploie
actuellement.
Cette aventure
londonienne a été si épanouissante, les amitiés qui se sont
nouées ont été si vives, la création si fraîche qu'il a été
assez rapidement question de poursuivre notre collaboration sur le
long terme.
Un deuxième projet a été
lancé, associant le Minesweeper, le Cagibi, et Littérature, etc.
(association qui organise chaque année un festival littéraire) sur
le thème de l'érotisme, regroupant toujours textes et dessins.
La volonté commune de
vivre sans subventions et
donc le plus possible avec nos « fabrications » (qui
peuvent être de toutes sortes, nous y reviendrons...) nous réunit
par le
principe même d'une
pratique du quotidien : expérimentations (techniques,
savoir-faire, idées, etc)
et volonté (qu'on pourra juger naïve, elle l'est et ce n'est pas
grave) de s'inscrire dans un agencement urbain (social et économique
donc) au-delà des mots et des bonnes volontés.
C'est
ce que nous voulions avec Solstices project, c'est ce que réalisent
depuis des années les membres du Minesweeper.
Mais en tant que membre
tout récent du Cagibi, je ne pouvais ni me prévaloir évidemment de
l'ensemble de ses membres, ni même avoir d'emblée tout à fait
conscience des réticences de beaucoup d'entre eux sur plusieurs
points, notamment l'aspect commercial qui est bel et bien présent
(et fondamental) même s'il est secondaire. Par exemple, vendre le
livre sur l'érotisme (ou n'importe quel autre livre du Cagibi sur
n'importe quel site) sur le site des éditions Solstices est exclu.
Une mise en avant trop importante de nos créations est exclue. Faire de l'argent (en
dehors de quelques ventes symboliques) est exclu.
Cette intransigeance nous plaît plus que tout, mais elle ne nous permettra pas de vivre pour
l'instant.
Pour les mêmes raisons,
Kevin nous invite à nous joindre au collectif du Minesweeper, afin
de développer la branche « art & craft » (notamment
autour de la sérigraphie et de l'édition).
Ce soir nous poserons les fondements de cette
entreprise que j'exposerai, au fur et à mesure (faits, réussites,
défaites), sur ce blog.
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