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mardi 27 janvier 2015

Réunion sur le Minesweeper

           Réunion hier, lundi 26, dans la cale du Minesweeper, avec Niccolo, Kevin et le passage d'Andrew (mais sans la présence de deux autres compagnons retenus en garde à vue depuis samedi soir à la suite d'une éviction épi-comique d'un squat du quartier pendant une rave...).



         Il a été question de l'amélioration de l'atelier de sérigraphie, afin de rendre possible l'impression sur papier et de passer en polychromie pour l'impression textile (le début de l'aménagement est prévu mercredi).
Puis de la revue : esprit d'ensemble, catégories, contenus. L'éditorial (qu'il me faut encore améliorer) devrait ressembler à ceci :

          The Minesweeper is a boat that attracts and brings together, for an evening or for years, people who want to live differently in the city, but that all excessive ego, alternatives often sectarian or aggressive sensitivities repel deeply.
It's the adventure, conducted by beautiful people for over ten years, this magazine offers both presenting and disseminating, each month, to the largest number, while staying focused on local life of a London neighborhood : Deptford.
             For this option to restore a Navy ship, to divert him from his first use, to locate near the Thames on the Deptford Creek, is the most effective ways to fight against the absurdity costs of rent, to fight against the desire to always push poor people further economic and especially politic centers, that is to say, to fight against gentrification.
              And it is locating in the urban fabric of a neighborhood, in partnership with small businesses in the area (bars, small restaurants, etc.), with various initiatives already present or in germs, primarily with all motivated, interested, curious people, that creative resistance is possible.
Because it is the creation, or rather the creations – all forms of creation – that offer the ability to implement new ways of living : the artist is no longer a luxury producer, but an everyday craftsman. Music, readings, shared meals (soon, who knows, make growing our own vegetables!), various workshops, books, all of that become the everyday art.
             These are all activities that we present here, in this first issue : exhibitions in the Undercurrent Gallery at the Birds Nest, various events on Minesweeper boat or elsewhere, book making. But, also, history and projects of the Minesweeper boat – past & future which, as we know, update only in our very present.

           Enfin, nous avons arrêté le premier thème du premier livre qui constituera le mois de janvier (avec un peu de retard) du coffret annuel consacré au Minesweeper : les seagulls.
         En attendant retour en France pour les projets du Cagibi : découpage et pliage du livre de Sisca Locca (si tout n'a pas déjà été fait) en vue de l'exposition le 31 janvier ; mise en place du livre le 30, impression la deuxième semaine de février en compagnie de nombreux – on l'espère – minesweepeux !

vendredi 16 janvier 2015

Livre-objet et critique de la valeur

Fin de l'appel à contributions pour le livre sur l'érotisme. Tout reste à faire : un gros travail de mise en page, puis d'impression (au Cagibi), puis de reliure.
Il faudra trouver un vrai titre aussi.
Avec les copains du Cagibi, on a quelques bonnes idées pour fabriquer un nouvel objet-livre original.
Les contributions ont été si nombreuses que cela va peut-être poser problème : pourra-t-on tout intégrer dans un seul volume, ou faudra-t-il en réaliser deux ?

Mais c'est une autre question que je me pose depuis que, n'ayant plus aucune source de revenu, je pense à faire de la micro-édition – ou plus généralement de l'activité artisanale de type « art & craft » – un moyen de subsistance :
quel schéma économique adopter ?

C'est « la nouvelle critique de la valeur » qui apporte les outils théoriques les plus stimulants pour y répondre.
Quelques lectures en guise d'introduction :
- Le caractère fétiche de la marchandise et son secret de Karl Marx (il s'agit d'un sous-chapitre de la première partie du Capital) est le texte à partir duquel se fonde toute les réflexions ;


- Les Aventures de la marchandise, sous-titré Pour une nouvelle critique de la valeur de l'excellent Anselm Jappe qui est le texte de référence présentant ce mouvement (encore méconnu mais qui a déjà 20 ans peut-être) de manière pédagogique et complète.


On peut y lire : « Il ne faut pas un grand effort mental pour demander une distribution différente de l'argent ou davantage d'emplois. Il est infiniment plus difficile de se critiquer soi-même en tant que sujet qui travaille et qui gagne de l'argent. » (p.21)
Puis : « La critique de la valeur est une critique du monde qui ne permet pas d'accuser de tous les maux du monde ''les multinationales'' ou ''les économistes néolibéraux'' pour continuer sa propre existence personnelle dans les catégories de l'argent et du travail sans oser les mettre en question par crainte de ne plus paraître ''raisonnable''. » (p.22)
Il s'agit de comprendre tous les enjeux de la posture qu'on veut adopter afin de l'adapter en conséquence. Notamment sur notre prétention à détourner (de manière que l'on voudrait « situationniste ») les schémas économiques traditionnels en possibilités de subsistance efficaces, mais sans concession.
J'y reviendrai plus en détail le plus vite possible. Mais pour donner une idée de la question principale, nous pourrions la formuler (à notre stade) ainsi :
est-ce véritablement une alternative que de se réclamer de l'artisanat pour vendre ce qui reste des marchandises ? N'est-ce pas juste une caution morale et donc une illusion quant à notre volonté de mettre en place un autre système de production et d'échange ? Bref : n'est-ce pas une erreur, ou pire, n'est-ce pas hypocrite ? Et, dans ce cas, quelles seraient les autres solutions ?
Tout changement dans la productivité du travail affecte la valeur des marchandises (car c'est un autre temps de travail socialement nécessaire qui est en jeu), mais peut-on échapper à la valeur d'échange qu'implique toute commercialisation ?
Par son refus même de vendre (en dehors du cadre confidentiel des salons spécialisés), Le Cagibi échappe à cet écueil (même si d'autres, par ailleurs, nous guettent). Mais, encore une fois, comment faire alors pour vivre convenablement en ville (car pourquoi devrait-on être nécessairement refoulés à la campagne, dans une forme inverse de l'exode rurale des XIXe et XIXe siècles comme on peut le constater) ?
Je sais que ce sont des préoccupations similaires qui intéressent bon nombre de « Minesweepeux » (je pense notamment à Kevin Seven, Camden McDonald, Andrew et Niccolo Bruni). J'espère que nous aurons l'occasion, à Londres mais aussi à Lille, de traiter cette question de front, et avec tous ceux, même extérieurs au collectif, que cela intéresse.

mercredi 7 janvier 2015

C'est comme un jour 2.
Dormi sur deux couches de matelas mous qui sentent passablement le moisi. Mais le pub a été nettoyé, il fait chaud, il y a des toilettes, une douche chaude, et de belles personnes (bella gente).
N. qui, peut-être pour s'aider à tenir un rythme d'écriture soutenu, cartonne au speed et à l'alcool depuis au moins hier soir, quand je suis arrivé, et encore ce matin, m'a offert un joli poème (traduit du lituanien) :

school friend
her bra on my hairy chest
no one around cares
haven't seen you in ages
you've cut your hair
we stand in the bathroom
mirror we smile
our pupils huge black
you lift up your skirt
see how I look now
and later
you show
what you have learned too



Retour à l'Albany Center.
Nous commencerons aujourd'hui le programme esquissé hier.

Même si l'attaque contre Charlie Hebdo nous a laissé K.O. un bon moment, et rythme, au fil des nouvelles, notre journée.

*

Généralités

Le Minesweeper est un collectif : pas de patron, tout le monde s'investit quand et comme il veut.
Le Minesweeper est aussi une coopérative, c'est-à-dire une entreprise – ici on dit buisiness.
Le nom officiel (légal) est The Minesweeper Collective Cooperative Limited.

Les principales activités :
- événements musicaux et culturels (lectures, projections, etc) ;
- accueil d'artistes ou de collectifs (comme ça a été le cas pour Cane Morto, Le Cagibi, etc) ;
- expositions à l'Undercurrent Gallery au Bird's Net (un bar à Deptford) ;
- ateliers de sérigraphie ;
- impressions de t-shirts sur demande.

Nous nous sommes mis d'accord d'abord pour développer toutes ces activités et les mettre en avant grâce à :
- une couverture plus dense sur les réseaux sociaux (en plus de Facebook, du blog, du Tumblr et de Mailchimp, nous allons ouvrir des comptes Twitter, Google+ et Instagram) ;
- mais surtout grâce à une revue.

Nous avons ensuite décidé d'en développer d'autres.

*

La Revue

La revue sera numérique (« online » et donc gratuite et accessible à tout le monde) et mensuelle.
Nous couvrirons les activités du Minesweeper (expositions au Bird's Net, événements musicaux et culturels, services et workshops, édition – sur laquelle nous allons revenir), mais aussi ce qui se passe dans le quartier ou dans les environs (le grand sud-est londonien : de Lewisham à Brixton, en passant par Peckham, etc).
Enfin nous ménagerons un espace de création ouvert à tous sur proposition : dessins, photographies, textes, poèmes, etc.

Nous allons aussi mettre en place d'autres activités, liées à la sérigraphie :
- impression de tout ce qui pourra être imprimé de manière créative : couvertures de vinyles, couvertures de livres, jeux de cartes, calendriers, etc ;
- impression d'affiches sur demande en plus de conception et d'impression d'affiches de nos propres créations ;
- nous ferons de même pour d'autres produits textiles (notamment des sacs) ;
- mais surtout nous allons faire des livres.

*

L'édition

Nous ne rendrons jamais assez justice au Cagibi pour tout ce que le collectif apporte de savoir-faire et d'inspiration (évidemment, je reste dans ce collectif avec plaisir).
Nous voulons fabriquer des livres de la plus grande qualité possible, avec régularité, tout en expérimentant différentes solutions formelles (livre-objet).

Les livres collaboratifs
Après Dédale, le livre sur l'érotisme (en collaboration avec Le Cagibi où l'impression se fera, et Littérature, etc.).
Nous nous associons avec qui veut, nous lançons un appel à contributions, nous réalisons le plus beau livre possible avec le plus de gens possibles.
D'autres projets collaboratifs, ouverts au plus grand nombre, suivront.

La collection du Minesweeper
Nous allons réaliser un livre par mois, autour d'un mot lié au bateau et qui servira de thème pour les textes et les dessins.
À la fin de l'année, avec les copies que nous aurons mis de côté, nous réaliserons un coffret regroupant la production de l'année.

Les livres d'artistes
Il faudra employer peut-être une terminologie différente pour les livres occasionnels qui seront soit le fruit d'un travail individuel (d'un des membres du collectif ou d'un artiste invité), soit le fruit d'une collaboration.
Peut-être que ce sera au Minesweeper que j'imprimerai certains projets qui m'occupent actuellement :
- « Les idées plus noires que l'encre », avec Vincent Tréfex ;
- « L'Ipsicide », avec Freddy Roccia ;
- « Le livre anarchiste », avec Illustre Feccia.

Les livres pour enfant
Nous aimerions réaliser des livres à destination des enfants qui sont souvent délaissés par le monde de la micro-édition. Cela nous permettrait d'expérimenter d'autres solutions graphiques, littéraires et formelles, en plus de nous rappeler que ce sont les livres les plus bizarres qui nous ont marqués dans notre enfance.

*

Pas de finalité, sinon peut-être de récolter à un moment assez d'argent pour assurer une pérennité au bateau le Minesweeper, et, pour nous, des conditions décentes de vie quotidienne sans autre travail et sans subventions.

mardi 6 janvier 2015

Le "Minesweeper Collective"

(mardi 6 janvier 2015)

Ce soir réunion dans un vieux pub squatté de Deptford (Londres) pour développer une branche "Art & Craft" du Minesweeper Collective...

Le Minesweeper est un ancien bateau en bois (puisqu'il s'agit d'un démineur) de la Royal Navy construit en 1954, devenu lieu d'accueil d'événements à partir de 1998 à Greenwich (Londres). Après qu'un feu l'eut ravagé en 2008, un collectif commença à le reconstruire pour y accueillir, en plus d'événements culturels (surtout musicaux), des artistes en résidence et un atelier de sérigraphie.


C'est dans ce cadre, et grâce aux membres d'un autre atelier de sérigraphie, Le Cagibi à Lille (que j'ai rejoint en septembre), que je passai quelques semaines sur le Minesweeper, invité par Kevin Seven, Camdem McDonald, Niccolo Bruni & Andrew The Terror, pour fabriquer des livres DIY («do it yourself » ou « fais-le toi-même »), c'est-à-dire imprimés selon le procédé de la sérigraphie, pliés, montés, reliés à la main.
Nous avons réalisé en quelques jours, avec Kevin et deux artistes Italiens, Illustre Feccia et Freddy Roccia, un petit livre pour Halloween : Sweet Nightmares.
Puis nous nous sommes concentrés sur un livre ambitieux, mélangeant textes et dessins, qui a réuni en plus d'une vingtaine d'artistes de différentes nationalités, un nombre important de gens qui voulaient participer au projet ou nous aider à le concrétiser, comme par exemple les employés du Birds net (où se trouve la galerie du Minesweeper), les artistes du Centre d'Art de Wembley où nous avons imprimé le livre, Clara Moon et Émilie Huitric qui ont relu les textes, la foule des amis, les familles de tout le monde, ou même juste des curieux qui nous encourageaient...
Ce livre a un titre qui renvoie non seulement à son fond mais aussi à sa forme : Dédale.
Il a été aussi le prétexte ou l'occasion de mener à bien une réflexion couvée depuis longtemps sur le livre et que j'essaie actuellement de diffuser par un média plus important que ceux que j'emploie actuellement.

Cette aventure londonienne a été si épanouissante, les amitiés qui se sont nouées ont été si vives, la création si fraîche qu'il a été assez rapidement question de poursuivre notre collaboration sur le long terme.
Un deuxième projet a été lancé, associant le Minesweeper, le Cagibi, et Littérature, etc. (association qui organise chaque année un festival littéraire) sur le thème de l'érotisme, regroupant toujours textes et dessins.

La volonté commune de vivre sans subventions et donc le plus possible avec nos « fabrications » (qui peuvent être de toutes sortes, nous y reviendrons...) nous réunit par le principe même d'une pratique du quotidien : expérimentations (techniques, savoir-faire, idées, etc) et volonté (qu'on pourra juger naïve, elle l'est et ce n'est pas grave) de s'inscrire dans un agencement urbain (social et économique donc) au-delà des mots et des bonnes volontés.
C'est ce que nous voulions avec Solstices project, c'est ce que réalisent depuis des années les membres du Minesweeper.

Mais en tant que membre tout récent du Cagibi, je ne pouvais ni me prévaloir évidemment de l'ensemble de ses membres, ni même avoir d'emblée tout à fait conscience des réticences de beaucoup d'entre eux sur plusieurs points, notamment l'aspect commercial qui est bel et bien présent (et fondamental) même s'il est secondaire. Par exemple, vendre le livre sur l'érotisme (ou n'importe quel autre livre du Cagibi sur n'importe quel site) sur le site des éditions Solstices est exclu. Une mise en avant trop importante de nos créations est exclue. Faire de l'argent (en dehors de quelques ventes symboliques) est exclu.
Cette intransigeance nous plaît plus que tout, mais elle ne nous permettra pas de vivre pour l'instant.

Pour les mêmes raisons, Kevin nous invite à nous joindre au collectif du Minesweeper, afin de développer la branche « art & craft » (notamment autour de la sérigraphie et de l'édition).
Ce soir nous poserons les fondements de cette entreprise que j'exposerai, au fur et à mesure (faits, réussites, défaites), sur ce blog.