lundi 27 avril 2015

Appropriation : Amelia Rosselli (3)

Une pleine jouissance du poème passe, plus encore que par sa traduction, par son appropriation.
ici une "réécriture" libre, délirante, sans contraintes.

Per l'amore che ti portavo tu vedevi chiaro. Se nel pomeriggio
vi era un sonaglio, era per te – Nel pomeriggio io vi
vedevo chiaro ! Se nel passaggio della luna vi era una cancrena
era per te. Contro d'ogni male vedere e sapere. Per non
morire era necessaria una scappatella ogni tanto. Il quartiere
sbiancava sbiancava ed era tutto un dormire il suo aspettare.
Il quartiere inavvicinabile era sempre sveglio. Era necessaria
la pillola del dottore per ricordarsi. Io vivevo fra i
santi pur rimanendo santa. La realità in me risvegliava
la brama. Il mondo intero era una grande brama ! Ecco il
mondo risvegliarsi in me come una larga barca incosciente.
Ecco il mondo dirmi è tempo di dormire. Ecco il mondo bussare
alle mie porte ed io non rispondere. Ecco la facchinata
che non serve a nessuno. Ecco che è tempo di risplendere.
 
Pour l'amour que je te portais, tu voyais clair. pour la mort dedans moi tu
te taisais. Grâce à la grâce de l'amour que je portais à ton être entier – tout
ton être, tu étais lucide, tu étais en extase, tu étais extralucide, tu étais
perspicace, des fontaines claires jaillissaient de tes yeux purs, des claires
fontaines d'eaux bleues et pures jaillissaient de tes prunelles. Et moi
le quartier aux abords prohibés me tenait toujours en éveil, à l'
affût la banlieue bourgeoise aux barrières de camps – nul havre, l'
oasis sans soif et la fontaine altérée, alternée de jets monochromes et moi
je n'y voyais plus rien le passage de la lune en plein midi
le cancer du soleil au zénith
mon cœur en zodiaque
dans les canaux sous les ponts les pontes de Venise
l'eau d'argent en trompes les turbines des détroits
l'eau céruléenne de tes reins l'
astreinte de tes reins
ta rage ta
rage de chien. voir savoir savourer tes riens
toute notre rage blanchissait d'un ahan extrême. Mais
la réalité rapidement réveillait à nouveau ma soif. Le monde entier était
une grande soif ! Et voici que le monde entier des choses se
réveille à l'intérieur de moi par une tectonique de l'hybris !
Et quand ma force épuisée et une fois mon corps heureusement
harassé de tout son long étendu dans le nid, alors
le monde en moi me dira de dormir, toujours
le monde transitera sur mes terres, et jamais
les corvées serviront à quelque chose, puisqu'
il est temps de resplendir

On retrouvera l'ensemble des réécritures à l'adresse suivante :